Enter Hero and two Gentlemen, Margaret, and Vrsula.Hero.Good Margaret runne thee to the parlour, There shalt thou finde my Cosin Beatrice, Proposing with the Prince and Claudio,
Entrent Héro, Marguerite, Ursule.HÉRO. — Bonne Marguerite, cours au salon ; tu y trouveras ma cousine Béatrice, devisant avec le prince et Claudio.
Whisper her eare, and tell her I and Vrsula, Walke in the Orchard, and our whole discourse Is all of her, say that thou ouer-heardst vs,
Glisse-lui à l’oreille qu’Ursule et moi nous nous promenons dans le verger, que tout notre entretien roule sur elle. Dis-lui que tu nous as entendues en passant.
And bid her steale into the pleached bower, Where hony-suckles ripened by the sunne, Forbid the sunne to enter: like fauourites, Made proud by Princes, that aduance their pride, Against that power that bred it, there will she hide her, To listen our purpose, this is thy office, Beare thee well in it, and leaue vs alone.
Engage-la à se glisser dans ce berceau épais, dont l’entrée est défendue au soleil par les chèvrefeuilles qu’il a fait pousser, – tels que des favoris qui, élevés par des princes, opposent leur orgueil au pouvoir qui les a agrandis ; – elle s’y cachera pour écouter notre entretien. Voilà ton rôle : acquitte-t’en bien, et laisse-nous seules.
Marg.Ile make her come I warrant you presently.
MARGUERITE. — Je vous garantis que je vous l’enverrai dans un moment. (Marguerite sort.)
Hero.Now Vrsula, when Beatrice doth come, As we do trace this alley vp and downe, Our talke must onely be of Benedicke, When I doe name him, let it be thy part, To praise him more then euer man did merit,
HÉRO. — Maintenant, Ursule. Lorsque Béatrice sera arrivée, en allant et venant dans cette allée, il faut que tous nos discours roulent sur Bénédick. Dès que j’aurai prononcé son nom, ton rôle sera de le louer plus qu’aucun homme ne le mérita jamais ;
My talke to thee must be how Benedicke Is sicke in loue with Beatrice; of this matter, Is little Cupids crafty arrow made, That onely wounds by heare-say: now begin, Enter Beatrice.For looke where Beatrice like a Lapwing runs
le mien de t’apprendre comment Bénédick est malade d’amour pour Béatrice. C’est ainsi qu’est faite la flèche adroite du petit Cupidon, qui blesse par un ouï-dire. (Béatrice entre par derrière.) Mais commence, car, vois-tu, voilà Béatrice qui, comme un vanneau, se glisse tout près de terre pour surprendre nos paroles.
Close by the ground, to heare our conference. Vrs.The pleasant'st angling is to see the fish Cut with her golden ores the siluer streame, And greedily deuoure the treacherous baite: So angle we for Beatrice, who euen now, Is couched in the wood-bine couerture, Feare you not my part of the Dialogue.
URSULE. — Le plus grand plaisir de la pêche est de voir le poisson fendre de ses nageoires dorées l’onde argentée, et dévorer avidement le perfide hameçon. Jetons ainsi l’amorce à Béatrice ; la voilà déjà tapie sous ce toit d’aubépine. Ne craignez rien pour ma part du dialogue.
Her.Then go we neare her that her eare loose nothing, Of the false sweete baite that we lay for it: No truely Vrsula, she is too disdainfull, I know her spirits are as coy and wilde, As Haggerds of the rocke.
HÉRO. — Allons donc plus près d’elle, afin que son oreille ne perde rien du doux et perfide leurre que nous lui préparons. (Elles s’avancent vers le berceau.) Non, non, Ursule : franchement elle est trop dédaigneuse ; je sais qu’elle est farouche et sauvage comme le faucon du rocher.
Vrsula.But are you sure, That Benedicke loues Beatrice so intirely? Her.So saies the Prince, and my new trothed Lord. Vrs.And did they bid you tell her of it, Madam?
URSULE. — Mais êtes-vous certaine que Bénédick soit si amoureux de Béatrice ? HÉRO. — C’est ce que disent le prince et le seigneur auquel je viens d’être fiancée. URSULE. — Vous auraient-ils chargée, madame, d’en informer votre cousine ?
Her.They did intreate me to acquaint her of it, But I perswaded them, if they lou'd Benedicke, To wish him wrastle with affection, And neuer to let Beatrice know of it.
HÉRO. — Ils me conjuraient de l’en instruire. Moi, je les exhortais, s’ils aimaient Bénédick, à l’engager à lutter contre son affection, sans jamais la laisser voir à Béatrice.
Vrsula.Why did you so, doth not the Gentleman Deserue as full as fortunate a bed, As euer Beatrice shall couch vpon?
URSULE. — Quel était votre motif ? Ce gentilhomme ne mérite-t-il pas bien une couche aussi fortunée que celle qui peut échoir à Béatrice ?
Hero.O God of loue! I know he doth deserue, As much as may be yeelded to a man: But Nature neuer fram'd a womans heart, Of prowder stuffe then that of Beatrice:
HÉRO. — Ô dieu d’amour ! je sais bien qu’il mérite tout ce qu’on peut accorder à un homme ; mais la nature n’a jamais fait un cœur de femme d’une trempe plus orgueilleuse que celui de Béatrice.
Disdaine and Scorne ride sparkling in her eyes, Mis-prizing what they looke on, and her wit Values it selfe so highly, that to her All matter else seemes weake: she cannot loue, Nor take no shape nor proiect of affection,
La morgue et le dédain étincellent dans ses yeux, qui méprisent tout ce qu’ils regardent : et son esprit s’estime si haut, que tout le reste lui semble faible. Elle ne peut aimer ni recevoir aucun sentiment, aucune idée d’affection, tant elle est idolâtre d’elle-même !
Shee is so selfe indeared. Vrsula.Sure I thinke so, And therefore certainely it were not good She knew his loue, lest she make sport at it.
URSULE. — Oui, je le crois, et par conséquent il ne serait certainement pas à propos de lui faire connaître l’amour de Bénédick, de peur qu’elle ne s’en fît un jeu.
Hero.Why you speake truth, I neuer yet saw man, How wise, how noble, yong, how rarely featur'd. But she would spell him backward: if faire fac'd,
HÉRO. — Oh ! vous avez bien raison. Je n’ai encore jamais vu un homme quelque sage, quelque noble, quelque jeune et quelque doué des traits les plus heureux qu’il pût être, qu’elle ne prit à l’envers.
She would sweare the gentleman should be her sister: If blacke, why Nature drawing of an anticke, Made a foule blot: if tall, a launce ill headed: If low, an agot very vildlie cut:
Est-il beau de visage, elle vous jure que ce gentilhomme mériterait d’être sa sœur. Est-il brun, c’est la nature qui, voulant dessiner un bouffon[1], a fait une grosse tache. S’il est grand, c’est une lance mal terminée ;
If speaking, why a vane blowne with all windes: If silent, why a blocke moued with none. So turnes she euery man the wrong side out, And neuer giues to Truth and Vertue, that Which simplenesse and merit purchaseth.
petit, c’est une agate grossièrement taillée[2] ; aime-t-il à parler, bon, c’est une girouette qui tourne à tous les vents ; est-il taciturne, c’est un bloc que rien ne peut émouvoir. Ainsi, elle tourne chaque homme du mauvais côté ; elle ne rend jamais à la franchise et à la vertu ce qui est dû au mérite et à la simplicité.
Vrsu.Sure, sure, such carping is not commendable. Hero.No, not to be so odde, and from all fashions, As Beatrice is, cannot be commendable, But who dare tell her so? if I should speake,
URSULE. — Certes, certes, cette causticité n’est pas louable ! HÉRO. — Non sans doute, on ne peut applaudir à cette humeur bizarre de Béatrice, qui fronde tous les usages. Mais qui osera le lui dire ? Si je parle, ses brocards iront frapper les nues ;
She would mocke me into ayre, O she would laugh me Out of my selfe, presse me to death with wit, Therefore let Benedicke like couered fire, Consume away in sighes, waste inwardly: It were a better death, to die with mockes, Which is as bad as die with tickling.
oh ! elle me ferait perdre la tête à force de rire ; elle m’accablerait de son esprit. Laissons donc Bénédick, comme un feu couvert, se consumer de soupirs et s’user intérieurement. C’est une mort plus douce que de mourir sous les traits de la raillerie ; ce qui est aussi cruel que de mourir à force d’être chatouillé.
Vrsu.Yet tell her of it, heare what shee will say. Hero.No, rather I will goe to Benedicke, And counsaile him to fight against his passion, And truly Ile deuise some honest slanders, To staine my cosin with, one doth not know,
URSULE. — Cependant parlez-en à Béatrice ; voyez ce qu’elle dira. HÉRO. — Non, j’aimerais mieux aller trouver Bénédick et lui conseiller de combattre sa passion ; et vraiment je trouverai quelque médisance honnête pour en noircir ma cousine : on ne sait pas combien un trait malin peut empoisonner l’amour.
How much an ill word may impoison liking. Vrsu.O doe not doe your cosin such a wrong, She cannot be so much without true iudgement, Hauing so swift and excellent a wit As she is prisde to haue, as to refuse
URSULE. — Ah ! ne faites pas tant de tort à votre cousine. Avec l’esprit vif et juste qu’on lui attribue, elle ne peut être assez dénuée de véritable jugement pour rebuter un homme aussi rare que le seigneur Bénédick.
So rare a Gentleman as signior Benedicke. Hero.He is the onely man of Italy, Alwaies excepted, my deare Claudio. Vrsu.I pray you be not angry with me, Madame, Speaking my fancy: Signior Benedicke, For shape, for bearing argument and valour,
HÉRO. — C’est le seul cavalier d’Italie : toujours à l’exception de mon cher Claudio. URSULE. — De grâce, ne m’en veuillez pas, madame, si je dis ce que je pense. Pour la tournure, les manières, la conversation et la valeur, le seigneur Bénédick marche le premier dans l’opinion de toute l’Italie.
Goes formost in report through Italy. Hero.Indeed he hath an excellent good name. Vrsu.His excellence did earne it ere he had it: When are you married Madame?
HÉRO. — Il jouit en effet d’une excellente renommée. URSULE. — Ses qualités la méritèrent avant de l’obtenir. – Quand vous marie-t-on, madame ?
Hero.Why euerie day to morrow, come goe in, Ile shew thee some attires, and haue thy counsell, Which is the best to furnish me to morrow. Vrsu. Shee's tane I warrant you, We haue caught her Madame?
HÉRO. — Que sais-je ? – Un de ces jours… – Demain. – Viens, rentrons, je veux te montrer quelques parures ; te consulter sur celle qui me siéra le mieux demain. URSULE, bas. — Elle est prise ; je vous en réponds, madame, nous la tenons.
Hero.If it proue so, then louing goes by haps, Some Cupid kills with arrowes, some with traps. Exit.
HÉRO, bas. — Si nous avons réussi, il faut convenir que l’amour dépend du hasard. Cupidon tue les uns avec des flèches, il prend les autres au trébuchet. (Elles sortent.) (Béatrice s’avance.)
Beat.What fire is in mine eares? can this be true? Stand I condemn'd for pride and scorne so much? Contempt, farewell, and maiden pride, adew, No glory liues behinde the backe of such.
BÉATRICE. — Quel feu[3] je sens dans mes oreilles ! Serait-ce vrai ? Me vois-je donc ainsi condamnée pour mes dédains et mon orgueil ? Adieu dédains, adieu mon orgueil de jeune fille, vous ne traînez à votre suite aucune gloire.
And Benedicke, loue on, I will requite thee, Taming my wilde heart to thy louing hand: If thou dost loue, my kindnesse shall incite thee To binde our loues vp in a holy band. For others say thou dost deserue, and I
Et toi, Bénédick, persévère, je veux te récompenser ; je laisserai mon cœur sauvage s’apprivoiser sous ta main amoureuse. Si tu m’aimes, ma tendresse t’inspirera le désir de resserrer nos amours d’un saint nœud ; car on dit que tu as beaucoup de mérite, je le crois sur de meilleures preuves que le témoignage d’autrui.
Beleeue it better then reportingly. Exit.Enter Prince, Claudio, Benedicke, and Leonato.I doe but stay till your marriage be consummate, and then go I toward Arragon.
Appartement dans la maison de Léonato.don Pèdre, Claudio, Bénédick et Léonato entrent. DON PÈDRE. — Je n’attends plus que la consommation de votre mariage, et je prends ensuite la route de l’Aragon.
Clau.Ile bring you thither my Lord, if you'l vouchsafe me.
CLAUDIO. — Seigneur, je vous suivrai jusque-là, si vous daignez me le permettre.
Prin.Nay, that would be as great a soyle in the new glosse of your marriage, as to shew a childe his new coat and forbid him to weare it, I will onely bee bold with Benedicke for his companie, for from the crowne of his head, to the sole of his foot, he is all mirth, he hath twice or thrice cut Cupids bow-string, and the little hang-man dare not shoot at him, he hath a heart as sound as a bell, and his tongue is the clapper, for what his heart thinkes, his tongue speakes.
DON PÈDRE. — Non, ce serait bien grande honte au début de votre mariage que de montrer à une enfant son habit neuf en lui défendant de le porter. Je ne veux prendre cette liberté qu’avec Bénédick, dont je réclame la compagnie.
Bene.Gallants, I am not as I haue bin.
Depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête, il est tout enjouement. Il a deux ou trois fois brisé la corde de l’Amour, et le petit fripon n’ose plus s’attaquer à lui. Son cœur est vide comme une cloche, dont sa langue est le battant[4] ; car ce que son cœur pense, sa langue le raconte. BÉNÉDICK. — Messieurs, je ne suis plus ce que j’étais.
Leo.So say I, methinkes you are sadder. Claud.I hope he be in loue. Prin.Hang him truant, there's no true drop of bloud in him to be truly toucht with loue, if he be sad, he wants money.
LÉONATO. — C’est ce que je disais ; vous me paraissez plus sérieux. CLAUDIO. — Je crois qu’il est amoureux. DON PÈDRE. — Au diable le novice ! Il n’y a pas en lui une goutte d’honnête sang qui soit susceptible d’être honnêtement touchée par l’amour. S’il est triste, c’est qu’il manque d’argent.
Bene.I haue the tooth-ach. Prin. Draw it. Bene.Hang it. Claud.You must hang it first, and draw it afterwards. Prin.What? sigh for the tooth-ach. Leon.Where is but a humour or a worme.
BÉNÉDICK. — J’ai mal aux dents. DON PÈDRE. — Arrachez votre dent. BÉNÉDICK. — Qu’elle aille se faire pendre. CLAUDIO. — Pendez-la d’abord, et arrachez-la ensuite[5]. DON PÈDRE. — Quoi ! soupirer ainsi pour un mal de dents ? LÉONATO. — Qui n’est qu’une humeur ou un ver.
Bene.Well, euery one cannot master a griefe, but hee that has it. Clau.Yet say I, he is in loue.
BÉNÉDICK. — Soit. Tout le monde peut maîtriser le mal, excepté celui qui souffre. CLAUDIO. — Je répète qu’il est amoureux.
Prin.There is no appearance of fancie in him, vnlesse it be a fancy that he hath to strange disguises, as to bee a Dutchman to day, a Frenchman to morrow: vnlesse hee haue a fancy to this foolery, as it appeares hee hath, hee is no foole for fancy, as you would haue it to appeare he is.
DON PÈDRE. — Il n’y a en lui aucune apparence de caprice[6], à moins que ce soit le caprice qu’il a pour les costumes étrangers ;
Clau.
comme d’être aujourd’hui un Hollandais, et un Français demain, ou de se montrer à la fois dans le costume de deux pays, Allemand depuis la ceinture jusqu’en bas par de grands pantalons, et Espagnol depuis la hanche jusqu’en haut par le pourpoint ; à part son caprice pour cette folie, et il paraît qu’il a ce caprice-là, certainement il n’est pas assez fou pour avoir le caprice que vous voudriez lui attribuer. CLAUDIO.
If he be not in loue with some woman, there is no beleeuing old signes, a brushes his hat a mornings, What should that bode? Prin.Hath any man seene him at the Barbers?
— S’il n’est pas amoureux de quelque femme, il ne faut plus croire aux anciens signes. Il brosse son chapeau tous les matins ; qu’est-ce que cela annonce ? DON PÈDRE. — Quelqu’un l’a-t-il vu chez le barbier ?
Clau.No, but the Barbers man hath beene seen with him, and the olde ornament of his cheeke hath alreadie stuft tennis balls. Leon.Indeed he lookes yonger than hee did, by the losse of a beard.
CLAUDIO. — Non, mais on a vu le garçon du barbier chez lui, et l’ancien ornement de son menton sert déjà à remplir des balles de paume. LÉONATO. — En effet, il semble plus jeune qu’il n’était avant la perte de sa barbe.
Prin.Nay a rubs himselfe with Ciuit, can you smell him out by that? Clau.That's as much as to say, the sweet youth's in loue. Prin.The greatest note of it is his melancholy.
DON PÈDRE. — Comment ! il se parfume à la civette. Pourriez-vous deviner son secret par l’odorat ? CLAUDIO. — C’est comme si on disait que le pauvre jeune homme est amoureux. DON PÈDRE. Ce qu’il y a de plus frappant, c’est sa mélancolie.
Clau.And when was he wont to wash his face? Prin.Yea, or to paint himselfe? for the which I heare what they say of him. Clau.Nay, but his iesting spirit, which is now crept into a lute-string, and now gouern'd by stops.
CLAUDIO. — A-t-il jamais eu l’habitude de se laver le visage ? DON PÈDRE. — Oui ; ou de se farder ? Ceci me fait comprendre ce que vous dites de lui. CLAUDIO. — Et son esprit plaisant ! ce n’est plus aujourd’hui qu’une corde de luth qui ne résonne plus que sous les touches.
Prin.Indeed that tels a heauy tale for him: conclude, he is in loue. Clau.Nay, but I know who loues him. Prince.That would I know too, I warrant one that knowes him not.
DON PÈDRE. — Voilà en effet des témoignages accablants contre lui. – Concluons, concluons, il est amoureux. CLAUDIO. — Ah ! mais je connais celle qui l’aime. DON PÈDRE. — Pour celle-là, je voudrais la connaître. Une femme, je gage, qui ne le connaît pas.
Cla.Yes, and his ill conditions, and in despight of all, dies for him. Prin.Shee shall be buried with her face vpwards.
CLAUDIO. — Oui-dà, et tous ses défauts ; et en dépit de tout, elle se meurt d’amour pour lui. DON PÈDRE. — Elle sera enterrée, le visage tourné vers le ciel.
Bene.Yet is this no charme for the tooth-ake, old signior, walke aside with mee, I haue studied eight or nine wise words to speake to you, which these hobby-horses must not heare.
BÉNÉDICK. — Tout cela n’est pas un charme contre le mal de dents. – Vieux seigneur, venez à l’écart vous promener avec moi. J’ai étudié huit ou dix mots de bon sens que j’ai à vous dire et que ces étourdis ne doivent pas entendre.
Prin.For my life to breake with him about Beatrice. Clau.'Tis euen so, Hero and Margaret haue by this played their parts with Beatrice, and then the two Beares will not bite one another when they meete.
(Bénédick sort avec Léonato.) DON PÈDRE. — Sur ma vie, il va s’ouvrir à lui au sujet de Béatrice. CLAUDIO. — Oh ! c’est cela même ! À l’heure qu’il est Héro et Marguerite ont dû jouer leur rôle avec Béatrice : ainsi nos deux ours ne se mordront plus l’un l’autre quand ils se rencontreront.
Enter Iohn the Bastard.My Lord and brother, God saue you. Prin.Good den brother. Bast.If your leisure seru'd, I would speake with you. Prince.In priuate?
(Don Juan paraît.) DON JUAN. — Mon seigneur et frère, Dieu vous garde ! DON PÈDRE. — Bonjour, mon frère. DON JUAN. — Si votre loisir le permet, je voudrais vous parler. DON PÈDRE. — En particulier ?
Bast.If it please you, yet Count Claudio may heare, for what I would speake of, concernes him. Prin.What's the matter? Basta.Meanes your Lordship to be married to morrow?
DON JUAN. — Si vous le jugez à propos ; cependant le comte Claudio peut rester. Ce que j’ai à vous dire l’intéresse. DON PÈDRE. — De quoi s’agit-il ? DON JUAN, à Claudio. — Votre Seigneurie a-t-elle l’intention de se marier demain ?
Prin.You know he does. Bast.I know not that when he knowes what I know. Clau.If there be any impediment, I pray you discouer it.
DON PÈDRE. — Vous savez que oui. DON JUAN. — Je n’en sais rien… quand il saura ce que je sais. CLAUDIO. — S’il y a quelque empêchement, dites-le-nous, je vous prie.
Bast.You may thinke I loue you not, let that appeare hereafter, and ayme better at me by that I now will manifest, for my brother (I thinke, he holds you well, and in dearenesse of heart) hath holpe to effect your ensuing marriage: surely sute ill spent, and labour ill bestowed.
DON JUAN. — Vous pouvez croire que je ne vous aime pas ; la suite vous en instruira et vous apprendrez à mieux penser de moi par le fait dont je vais vous informer. Quant à mon frère, je vois qu’il fait cas de vous, et c’est par tendresse pour vous qu’il a travaillé à accomplir ce prochain mariage ; soins certainement bien mal adressés, peines bien mal employées !
Prin.Why, what's the matter? Bastard.I came hither to tell you, and circumstances shortned, (for she hath beene too long a talking of) the Lady is disloyall. Clau.Who Hero?
DON PÈDRE. — Comment ? De quoi s’agit-il ? DON JUAN. — Je venais vous dire et sans préambule (car elle n’a que trop longtemps servi de texte à nos discours) que votre future est déloyale. CLAUDIO. — Qui ? Héro ?
Bast.Euen shee, Leonatoes Hero, your Hero, euery mans Hero. Clau.Disloyall?
DON JUAN. — Elle-même. L’Héro de Léonato, votre Héro, l’Héro de tout le monde. CLAUDIO. — Déloyale ?
Bast.The word is too good to paint out her wickednesse, I could say she were worse, thinke you of a worse title, and I will fit her to it: wonder not till further warrant: goe but with mee to night, you shal see her chamber window entred, euen the night before her wedding day, if you loue her, then to morrow wed her: But it would better fit your honour to change your minde.
DON JUAN. — Le terme est trop honnête pour peindre toute sa corruption. Je pourrais en dire davantage ; imaginez un nom plus odieux, et je vous prouverai qu’elle le mérite.
Claud.May this be so?
Ne vous étonnez point jusqu’à ce que vous ayez d’autres preuves ; venez seulement avec moi cette nuit ; vous verrez entrer quelqu’un par la fenêtre de sa chambre, la nuit même avant le jour de ses noces. Si vous l’aimez alors, épousez-la demain ; mais il siérait mieux à votre honneur de changer d’idée. CLAUDIO. — Est-il possible ?
Princ.I will not thinke it. Bast.If you dare not trust that you see, confesse not that you know: if you will follow mee, I will shew you enough, and when you haue seene more, & heard more, proceed accordingly.
DON PÈDRE. — Je ne veux pas le croire. DON JUAN. — Si vous n’osez pas croire ce que vous verrez, n’avouez pas ce que vous savez. Si vous voulez me suivre, je vous en montrerai assez, et quand vous en aurez vu davantage, entendu davantage, agissez alors en conséquence.
Clau.If I see any thing to night, why I should not marry her to morrow in the congregation, where I shold wedde, there will I shame her. Prin.And as I wooed for thee to obtaine her, I will ioyne with thee to disgrace her.
CLAUDIO. — Si je suis cette nuit témoin de quelque chose qui m’empêche de l’épouser demain, je la confondrai dans l’assemblée même où nous devons nous marier. DON PÈDRE. — Et comme je lui ai fait la cour afin de l’obtenir pour vous, je me joindrai à vous pour la déshonorer.
Bast.I will disparage her no farther, till you are my witnesses, beare it coldly but till night, and let the issue shew it selfe. Prin.O day vntowardly turned!
DON JUAN. — Je m’abstiens de la décrier davantage jusqu’à ce que vous soyez mes témoins. Supportez seulement cette nouvelle avec patience jusqu’à minuit ; et qu’alors le fait se prouve de lui-même. DON PÈDRE. — Ô jour qui tourne bien mal !
Claud.O mischiefe strangelie thwarting! Bastard.O plague right well preuented! so will you say, when you haue seene the sequele. Exit.Enter Dogbery and his compartner with the watch.
CLAUDIO. — Ô malheur étrange qui me bouleverse ! DON JUAN. — Ô fléau prévenu à temps ! Voilà ce que vous direz quand vous aurez vu la suite. (Ils sortent.) Une rue.Entrent Dogberry et Verges avec les gardiens de nuit.
Are you good men and true? Verg.Yea, or else it were pitty but they should suffer saluation body and soule.
DOGBERRY. — aux gardiens. – Êtes-vous des gens braves et fidèles ? VERGES. — Oui, sans doute ; sinon ce serait dommage qu’ils risquassent le salut de l’âme et du corps.
Dogb.Nay, that were a punishment too good for them, if they should haue any allegiance in them, being chosen for the Princes watch. Verges.Well, giue them their charge, neighbour Dogbery.
DOGBERRY. — Ce serait pour eux un châtiment trop doux, pour peu qu’ils aient des sentiments de fidélité, étant choisis pour la garde du prince. VERGES. — Allons, voisin Dogberry, donnez-leur la consigne.
Dog.First, who thinke you the most desartlesse man to be Constable. Watch.1. Hugh Ote-cake sir, or George Sea-coale, for they can write and reade.
DOGBERRY. — D’abord, qui croyez-vous le plus incapable[7] d’être constable ? PREMIER GARDIEN. — Hugues d’Avoine, ou Georges Charbon, car ils savent tous deux lire et écrire.
Dogb.Come hither neighbour Sea-coale, God hath blest you with a good name: to be a wel-fauoured man, is the gift of Fortune, but to write and reade, comes by Nature. Watch 2. Both which Master Constable
DOGBERRY. — Venez ici, voisin Charbon ; Dieu vous a favorisé d’un beau nom. Être homme de bonne mine, c’est un don de la fortune. Mais le don d’écrire et de lire nous vient par nature. SECOND GARDIEN. — Et ces deux choses, monsieur le constable…
Dogb.You haue: I knew it would be your answere: well, for your fauour sir, why giue God thankes, & make no boast of it, and for your writing and reading, let that appeare when there is no need of such vanity, you are thought heere to be the most senslesse and fit man for the Constable of the watch: therefore beare you the lanthorne: this is your charge: You shall comprehend all vagrom men, you are to bid any man stand in the Princes name.
DOGBERRY. — Vous les possédez ; je savais que ce serait là votre réponse. Allons, quant à votre bonne mine, ami, rendez-en grâce à Dieu et n’en tirez point vanité ;
Watch 2. How if a will not stand?
et à l’égard de votre talent de lire et d’écrire, faites-le paraître quand on n’aura pas besoin de cette vanité. Vous êtes ici réputé l’homme le plus insensé et capable d’être constable, c’est pourquoi vous porterez le fallot ; c’est là votre emploi. Appréhendez au corps tous les vagabonds. Vous devez ordonner à tout passant de s’arrêter au nom du prince. SECOND GARDIEN. — Et s’il ne veut pas s’arrêter ?
Dogb.Why then take no note of him, but let him go, and presently call the rest of the Watch together, and thanke God you are ridde of a knaue. Verges.If he will not stand when he is bidden, hee is none of the Princes subiects.
DOGBERRY. — Alors ne prenez pas garde à lui et laissez-le passer. Sur-le-champ appelez à vous tout le reste de la patrouille, et remerciez Dieu d’être délivré d’un coquin. VERGES. — S’il refuse de s’arrêter quand on lui ordonne, il n’est pas un sujet du prince.
Dogb.True, and they are to meddle with none but the Princes subiects: you shall also make no noise in the streetes: for, for the Watch to babble and talke, is most tollerable, and not to be indured.
DOGBERRY. — Sans doute, et ils ne doivent avoir affaire qu’aux sujets du prince. – Vous éviterez aussi de faire du bruit dans les rues ; car de voir un gardien de nuit jaser et bavarder, cela est tolérable et ne peut se souffrir.
Watch.We will rather sleepe than talke, wee know what belongs to a Watch.
SECOND GARDIEN. — Nous aimons mieux dormir que bavarder. Nous savons quel est le devoir du guet.
Dog.Why you speake like an ancient and most quiet watchman, for I cannot see how sleeping should offend: only haue a care that your bills be not stolne: well, you are to call at all the Alehouses, and bid them that are drunke get them to bed.
DOGBERRY. — Bien, vous parlez comme un ancien, comme un gardien paisible ; car je ne saurais voir en quoi le sommeil peut nuire. Prenez garde seulement qu’on ne vous dérobe vos piques[8]. Ensuite vous devez frapper à tous les cabarets, et commander à ceux qui sont ivres d’aller se coucher.
Watch.How if they will not? Dogb.Why then let them alone till they are sober, if they make you not then the better answere, you may say, they are not the men you tooke them for.
SECOND GARDIEN. — Et s’ils ne le veulent pas ? DOGBERRY. — Alors, laissez-les tranquilles, jusqu’à ce qu’ils soient de sang-froid. S’ils ne vous font pas alors une meilleure réponse, vous pouvez dire qu’ils ne sont pas ceux pour qui vous les aviez pris d’abord.
Watch.Well sir. Dogb.If you meet a theefe, you may suspect him, by vertue of your office, to be no true man: and for such kinde of men, the lesse you meddle or make with them, why the more is for your honesty.
SECOND GARDIEN. — Fort bien, monsieur. DOGBERRY. — Si vous rencontrez un voleur, en vertu de votre charge vous pouvez le soupçonner de n’être pas un honnête homme ; et quant à cette espèce de gens, le moins que vous pourrez avoir affaire avec eux, ce sera le mieux pour votre probité.
Watch.If wee know him to be a thiefe, shall wee not lay hands on him. Dogb.Truly by your office you may, but I think they that touch pitch will be defil'd: the most peaceable way for you, if you doe take a theefe, is, to let him shew himselfe what he is, and steale out of your company.
SECOND GARDIEN. — Si nous le connaissons pour un voleur, ne mettrons-nous pas la main sur lui ? DOGBERRY. — Vraiment par votre charge vous le pouvez. Mais je pense que ceux qui touchent le goudron se salissent les mains. Si vous prenez un voleur, la manière la plus tranquille est de le laisser se montrer ce qu’il est, en fuyant votre compagnie.
Ver.You haue bin alwaies cal'd a merciful man partner. Dog.Truely I would not hang a dog by my will, much more a man who hath anie honestie in him.
VERGES. — Assez, mon cher collègue, vous avez toujours été réputé pour un homme miséricordieux. DOGBERRY. — En vérité je ne voudrais pas être cause de la pendaison d’un chien, bien moins d’un homme qui possède l’honnêteté.
Verges.If you heare a child crie in the night you must call to the nurse, and bid her still it. Watch.How if the nurse be asleepe and will not heare vs?
VERGES. — Si vous entendez un enfant crier dans la nuit[9], vous devez appeler la nourrice et lui commander de le faire taire. SECOND GARDIEN. — Et si la nourrice est endormie et ne veut pas nous entendre ?
Dog.Why then depart in peace, and let the childe wake her with crying, for the ewe that will not heare her Lambe when it baes, will neuer answere a calfe when he bleates. Verges.'Tis verie true.
DOGBERRY. — Alors allez-vous en paisiblement et laissez l’enfant l’éveiller lui-même par ses cris ; car la brebis qui n’entend pas son agneau quand il mugit ne répondra pas aux bêlements du veau. VERGES. — C’est la vérité.
Dog.This is the end of the charge: you constable are to present the Princes owne person, if you meete the Prince in the night, you may staie him. Verges.Nay birladie that I thinke a cannot.
DOGBERRY. — Voilà toute votre consigne. Vous, constable, vous devez représenter la personne du prince. Si vous rencontrez le prince dans la nuit, vous pouvez l’arrêter. VERGES. — Non, par Notre-Dame ; quant à cela je ne crois pas qu’il le puisse.
Dog.Fiue shillings to one on't with anie man that knowes the Statutes, he may staie him, marrie not without the prince be willing, for indeed the watch ought to offend no man, and it is an offence to stay a man against his will.
DOGBERRY. — Je gage cinq shillings contre un, avec tout homme qui connaît les statues, qu’il peut l’arrêter. Non pas, à la vérité, sans que le prince y consente ; car le guet ne doit offenser personne, et c’est faire offense à un homme que de l’arrêter contre sa volonté.
Verges.Birladie I thinke it be so. Dog.Ha, ah ha, well masters good night, and there be anie matter of weight chances, call vp me, keepe your fellowes counsailes, and your owne, and good night, come neighbour.
VERGES. — Par Notre-Dame, je crois que vous avez raison. DOGBERRY. — Ah ! ah ! ah ! Or çà, bonne nuit, mes maîtres ; s’il survient quelque affaire un peu grave, appelez-moi. Gardez les secrets de vos camarades et les vôtres ; bonne nuit. – Venez, voisin.
Watch.Well masters, we heare our charge, let vs go sit here vpon the Church bench till two, and then all to bed.
SECOND GARDIEN, à ses camarades. — Ainsi, camarades, nous venons d’entendre notre consigne. Asseyons-nous ici sur ce banc près de l’église jusqu’à deux heures, et de là allons tous nous coucher.
Dog.One word more, honest neighbors. I pray you watch about signior Leonatoes doore, for the wedding being there to morrow, there is a great coyle to night, adiew, be vigitant I beseech you. Exeunt.
DOGBERRY. — Encore un mot, honnêtes voisins. Je vous en prie, veillez à la porte du seigneur Léonato, car le mariage étant fixé à demain sans faute, il y a grand tumulte cette nuit. Adieu, soyez vigilants, je vous en conjure. (Dogberry et Verges sortent.)
Enter Borachio and Conrade.What, Conrade? Watch.Peace, stir not. Bor.Conrade I say. Con.Here man, I am at thy elbow.
(Entrent Borachio et Conrad.) BORACHIO. — Conrad, où es-tu ? PREMIER GARDIEN, bas à ses compagnons. — Paix, ne bougez pas. BORACHIO. — Conrad ! dis-je ? CONRAD, en le poussant. — Ici. Je suis à ton coude.
Bor.Mas and my elbow itcht, I thought there would a scabbe follow. Con.I will owe thee an answere for that, and now forward with thy tale.
BORACHIO. — Par la messe, le coude me démangeait ; je pensais bien qu’il s’ensuivrait quelque croûte. CONRAD. — Je te devrai une réponse à cela. Poursuis maintenant ton récit.
Bor.Stand thee close then vnder this penthouse, for it drissels raine, and I will, like a true drunkard, vtter all to thee. Watch.Some treason masters, yet stand close.
BORACHIO. — Mettons-nous à couvert sous ce toit ; il bruine : et là, comme un vrai ivrogne, je te dirai tout. SECOND GARDIEN, à part. — Quelque trahison ! Restons cois, mes amis.
Bor.Therefore know, I haue earned of Don Iohn a thousand Ducates. Con.Is it possible that anie villanie should be so deare?
BORACHIO. — Tu sauras que don Juan m’a promis mille ducats. CONRAD. — Est-il possible qu’aucune scélératesse soit si chère ?
Bor.Thou should'st rather aske if it were possible anie villanie should be so rich? for when rich villains haue neede of poore ones, poore ones may make what price they will. Con.I wonder at it.
BORACHIO. — Demande plutôt comment il est possible qu’aucun scélérat soit si riche ! car lorsque le scélérat riche a besoin du scélérat pauvre, le pauvre peut faire le prix à son gré. CONRAD. — Tu m’étonnes.
Bor.That shewes thou art vnconfirm'd, thou knowest that the fashion of a doublet, or a hat, or a cloake, is nothing to a man. Con.Yes, it is apparell. Bor.I meane the fashion.
BORACHIO. — Cela prouve que tu es novice ; tu sais que la forme d’un pourpoint, ou d’un chapeau, ou d’un manteau, n’est rien dans un homme. CONRAD. — Cependant c’est une parure ! BORACHIO. — Je veux dire la forme à la mode.
Con.Yes the fashion is the fashion. Bor.Tush, I may as well say the foole's the foole, but seest thou not what a deformed theefe this fashion is?
CONRAD. — Oui, la mode est la mode. BORACHIO. — Bah ! autant dire un sot est un sot. Mais ne vois-tu pas quel voleur maladroit est la mode ?
Watch.I know that deformed, a has bin a vile theefe, this vii. yeares, a goes vp and downe like a gentle man: I remember his name. Bor.Did'st thou not heare some bodie? Con.No, 'twas the vaine on the house.
UN GARDIEN. — Je connais ce La Mode, c’est un voleur depuis sept ans. Il s’introduit çà et là mis en gentilhomme ; je me rappelle son nom. BORACHIO. — N’as-tu pas entendu quelqu’un ? CONRAD. — Non, c’est la girouette sur le toit.
Bor.Seest thou not (I say) what a deformed thiefe this fashion is, how giddily a turnes about all the Hot-blouds, betweene, foureteene & fiue & thirtie, sometimes fashioning them like Pharaoes souldiours in the rechie painting, sometime like god Bels priests in the old Church window, sometime like the shauen Hercules in the smircht worm-eaten tapestrie, where his cod-peece seemes as massie as his club.
BORACHIO. — Ne vois-tu pas, dis-je, quel maladroit voleur est la mode ? Par quels vertiges elle renverse toutes les têtes chaudes, depuis quatorze ans jusqu’à trente-cinq ;
Con.All this I see, and see that the fashion weares out more apparrell then the man; but art not thou thy selfe giddie with the fashion too that thou hast shifted out of thy tale into telling me of the fashion?
parfois elle les affuble comme les soldats de Pharaon dans les tableaux enfumés, tantôt comme les prêtres du dieu Baal dans les vieux vitraux de l’église ; quelquefois comme l’Hercule rasé[10] dans la tapisserie fanée et rongée des vers, où son petit doigt semble aussi gros que sa massue ? CONRAD. — Je vois tout cela, et que la mode use plus d’habits que l’homme. Mais n’es-tu pas entraîné toi-même par la mode, en t’écartant de ton récit pour me parler de la mode ?
Bor.Not so neither, but know that I haue to night wooed Margaret the Lady Heroes gentle-woman, by the name of Hero, she leanes me out at her mistris chamber-window, bids me a thousand times good night: I tell this tale vildly.
BORACHIO. — Nullement. Mais sache que cette nuit j’ai courtisé Marguerite, la suivante de la signora Héro, sous le nom d’Héro ; elle m’a tendu la main par la fenêtre de la chambre de sa maîtresse, et m’a dit mille fois adieu !
I should first tell thee how the Prince Claudio and my Master planted, and placed, and possessed by my Master Don Iohn, saw a far off in the Orchard this amiable incounter.
– Je raconte cela horriblement mal. J’aurais dû d’abord te dire que le prince, Claudio et mon maître, placés, postés et prévenus par mon maître don Juan, ont vu de loin, du verger, cette entrevue amoureuse.
Con.And thought thy Margaret was Hero?
CONRAD. — Et ils croyaient que Marguerite était Héro ?
Bor.
BORACHIO.
Two of them did, the Prince and Claudio, but the diuell my Master knew she was Margaret and partly by his oathes, which first possest them, partly by the darke night which did deceiue them, but chiefely, by my villanie, which did confirme any slander that Don Iohn had made, away went Claudio enraged, swore hee would meete her as he was apointed next morning at the Temple, and there, before the whole congregation shame her with what he saw o're night, and send her home againe without a husband.
— Deux d’entre eux l’ont cru, le prince et Claudio. Mais mon démon de maître savait que c’était Marguerite. D’un côté, grâce à ses serments qui les ont d’abord séduits ;
Watch.1. We charge you in the Princes name stand.
de l’autre, grâce à la nuit obscure qui les a déçus, mais surtout à mon manège qui confirmait toutes les calomnies inventées par don Juan, Claudio est parti plein de rage, jurant d’aller la joindre demain matin au temple à l’heure marquée, et là, devant toute l’assemblée, de la déshonorer par le récit de ce qu’il a vu cette nuit, et de la renvoyer chez elle sans époux. PREMIER GARDIEN s’avançant. — Nous vous sommons au nom du prince, arrêtez.
Watch.2. Call vp the right master Constable, we haue here recouered the most dangerous peece of lechery, that euer was knowne in the Common-wealth. Watch.1. And one Deformed is one of them, I know him, a weares a locke.
SECOND GARDIEN. — Appelez le grand chef constable. Nous avons ici déterré le plus dangereux complot de débauche qui se soit jamais vu dans la république. PREMIER GARDIEN. — Et un certain La Mode[11] est de leur bande ; je le connais, il porte une boucle de cheveux.
Conr.Masters, masters. Watch.2. Youle be made bring deformed forth I warrant you, Conr.Masters, neuer speake, we charge you, let vs obey you to goe with vs.
CONRAD. — Messieurs, messieurs ! PREMIER GARDIEN. — On vous forcera bien de faire comparaître La Mode ; je vous le garantis. CONRAD. — Messieurs !… PREMIER GARDIEN. — Taisez-vous, nous vous l’ordonnons ; nous vous obéirons en vous conduisant.
Bor.We are like to proue a goodly commoditie, being taken vp of these mens bils. Conr.A commoditie in question I warrant you, come weele obey you. Exeunt.
BORACHIO. — Nous avons l’air de devenir une bonne marchandise, après avoir été ramassés par les piques de ces gens-là. CONRAD. — Une marchandise compromise, je vous en réponds ; venez, nous vous obéirons. (Ils sortent.)
Enter Hero, and Margaret, and Vrsula.Good Vrsula wake my cosin Beatrice, and desire her to rise. Vrsu.I will Lady. Her.And bid her come hither. Vrs.Well.
*Appartement dans la maison de Léonato. Héro, Marguerite, Ursule.* HÉRO. — Bonne Ursule, éveillez ma cousine Béatrice, et priez-la de se lever. URSULE. — J’y vais, madame. HÉRO. — Et dites-lui de venir ici. URSULE. — Bien.
Mar.Troth I thinke your other rebato were better. Bero.No pray thee good Meg, Ile weare this. Marg.By my troth's not so good, and I warrant your cosin will say so.
(Ursule sort.) MARGUERITE. — En vérité, je crois que cet autre rabat[12] vous siérait mieux. HÉRO. — Non, je vous prie, chère Marguerite ; je veux mettre celui-ci. MARGUERITE. — Sur ma parole, il n’est pas si beau, et je garantis que votre cousine sera de mon avis.
Bero.My cosin's a foole, and thou art another, ile weare none but this. Mar.I like the new tire within excellently, if the haire were a thought browner: and your gown's a most rare fashion yfaith, I saw the Dutchesse of Millaines gowne that they praise so.
HÉRO. — Ma cousine est une folle, et vous une autre. Je n’en veux pas porter d’autre que celui-ci. MARGUERITE. — J’aime tout à fait cette nouvelle coiffure qui est là-dedans ; seulement je voudrais les cheveux une idée plus bruns ; pour votre robe, elle est en vérité du dernier goût ; j’ai vu celle de la duchesse de Milan, cette robe qu’on vante tant…
Bero.O that exceedes they say. Mar.By my troth's but a night-gowne in respect of yours, cloth a gold and cuts, and lac'd with siluer, set with pearles, downe sleeues, side sleeues, and skirts, round vnderborn with a blewish tinsel, but for a fine queint gracefull and excellent fashion, yours is worth ten on't.
HÉRO. — Oh ! on dit qu’elle est incomparable ! MARGUERITE. — Sur ma vie, ce n’est qu’une robe de nuit auprès de la vôtre. Du drap d’or, des crevés lacés avec du fil d’argent, le bas des manches et le bord des manches garnis de perles, et toute la jupe relevée par un clinquant bleuâtre. Mais pour la grâce, la beauté et le bon goût, la vôtre vaut dix fois la sienne.
Hero.God giue mee ioy to weare it, for my heart is exceeding heauy. Marga.'Twill be heauier soone, by the waight of a man. Hero.Fie vpon thee, art not asham'd?
HÉRO. — Que Dieu me donne la joie pour la porter ; car je me sens le cœur excessivement gros. MARGUERITE. — Le poids d’un homme le rendra encore plus pesant. HÉRO. — Fi donc ! Marguerite, n’êtes-vous pas honteuse ?
Marg.Of what Lady? of speaking honourably? is not marriage honourable in a beggar? is not your Lord honourable without marriage?
MARGUERITE. — De quoi, madame ? De parler d’une chose honorable ? Le mariage n’est-il pas honorable, même chez un mendiant ? Et, le mariage à part, votre seigneur n’est-il pas honorable ?
I thinke you would haue me say, sauing your reuerence a husband: and bad thinking doe not wrest true speaking, Ile offend no body, is there any harme in the heauier for a husband? none I thinke, and it be the right husband, and the right wife, otherwise 'tis light and not heauy, aske my Lady Beatrice else, here she comes.
Vous auriez voulu, sauf votre respect, que j’eusse dit un mari ? Si une mauvaise pensée ne détourne pas le sens d’une expression franche, je n’offense personne. Y a-t-il du mal à dire le poids d’un mari ? Aucun, je pense, dès qu’il s’agit d’un mari légitime et d’une femme légitime ; sans quoi il serait léger et non pesant. Mais demandez plutôt à la signora Béatrice, la voici.
Enter Beatrice.Hero.Good morrow Coze. Beat.Good morrow sweet Hero. Hero.Why how now? do you speake in the sick tune? Beat.I am out of all other tune, me thinkes.
(Béatrice entre.) HÉRO. — Bonjour, cousine. BÉATRICE. — Bonjour, ma chère Héro. HÉRO. — Comment donc ! vous parlez sur un ton mélancolique. BÉATRICE. — Je suis hors de tous les autres tons, il me semble.
Mar.Claps into Light a loue, (that goes without a burden,) do you sing it and Ile dance it. Beat.Ye Light aloue with your heeles, then if your husband haue stables enough, you'll looke he shall lacke no barnes.
MARGUERITE. — Entonnez-nous l’air de Lumière d’amour[13]. Il se chante sans refrain ; vous chanterez, moi je danserai. BÉATRICE. — Oui ! Vos talons sont-ils exercés à la mesure de Lumière d’amour ? Oh ! bien, si votre mari a assez de greniers, vous verrez à ce qu’il ne manque pas de grains[14].
Mar.O illegitimate construction! I scorne that with my heeles. Beat.'Tis almost fiue a clocke cosin, 'tis time you were ready, by my troth I am exceeding ill, hey ho. Mar.
MARGUERITE. — Ô interprétation maligne ! Mais j’en ris, les talons en l’air. BÉATRICE. — Il est près de cinq heures, ma cousine ; vous devriez être déjà prête. – Sérieusement, je me sens bien mal. Hélas !
For a hauke, a horse, or a husband? Beat.For the letter that begins them all, H. Mar.Well, and you be not turn'd Turke, there's no more sayling by the starre.
MARGUERITE. — De quoi ? – Un faucon, un cheval, ou un mari[15]. BÉATRICE. — Oh ! celui des trois qui commence par un M[16]. MARGUERITE. — Eh bien ! Si vous ne vous êtes pas faite turque[17], on ne peut plus faire voiles sur la foi des étoiles.
Beat.What meanes the foole trow? Mar.Nothing I, but God send euery one their harts desire. Hero.These gloues the Count sent mee, they are an excellent perfume.
BÉATRICE. — Voyons ; que veut dire cette folle ? MARGUERITE. — Rien du tout ; mais Dieu veuille envoyer à chacun le désir de son cœur ! HÉRO. — Ces gants, que le comte m’a envoyés, ont un parfum délicieux.
Beat.I am stuft cosin, I cannot smell. Mar.A maid and stuft! there's goodly catching of colde. Beat.O God helpe me, God help me, how long haue you profest apprehension?
BÉATRICE. — Je suis enchiffrenée, cousine ; je ne sens rien. MARGUERITE. — Fille, et enchiffrenée ! il faut qu’il y ait abondance de rhumes. BÉATRICE. — Ô Dieu, ayez pitié de nous ! Ô Dieu ayez pitié de nous ! Depuis quand faites-vous profession d’esprit ?
Mar.Euer since you left it, doth not my wit become me rarely? Beat.It is not seene enough, you should weare it in your cap, by my troth I am sicke.
MARGUERITE. — Depuis que vous y avez renoncé, madame. Mon esprit ne me sied-il pas à ravir ? BÉATRICE. — On ne le voit pas assez ; vous devriez le porter sur votre bonnet. – Sérieusement je suis malade.
Mar.Get you some of this distill'd carduus benedictus and lay it to your heart, it is the onely thing for a qualm. Hero.There thou prick'st her with a thissell.
MARGUERITE. — Procurez-vous un peu d’essence de carduus benedictus[18] et appliquez-la sur votre cœur : c’est le seul remède pour les palpitations. HÉRO. — Tu la piques avec un chardon.
Beat.Benedictus, why benedictus? you haue some morall in this benedictus.
BÉATRICE. — Benedictus ? Pourquoi benedictus, s’il vous plaît ? Vous cachez quelque moralité[19] sous ce benedictus.
Mar.Morall?
MARGUERITE. — Moralité ? Non, sur ma parole, je n’ai point d’intention morale. Je parle tout bonnement du chardon bénit.
no by my troth, I haue no morall meaning, I meant plaine holy thissell, you may thinke perchance that I thinke you are in loue, nay birlady I am not such a foole to thinke what I list, nor I list not to thinke what I can, nor indeed, I cannot thinke, if I would thinke my hart out of thinking, that you are in loue, or that you will be in loue, or that you can be in loue: yet Benedicke was such another, and now is he become a man, he swore hee would neuer marry, and yet now in despight of his heart he eates his meat without grudging, and how you may be conuerted I know not, but me thinkes you looke with your eies as other women doe.
Vous pourriez croire par hasard que je vous soupçonne d’être amoureuse : non, par Notre-Dame, je ne suis pas assez folle pour penser ce que je veux, et je ne veux pas penser ce que je peux, et je ne pourrais penser, quand je penserais à faire perdre la pensée à mon cœur, que vous êtes amoureuse, que vous serez amoureuse ou que vous pouvez être amoureuse.
Beat.What pace is this that thy tongue keepes.
Cependant, jadis Bénédick fut naguère tout de même, et maintenant le voilà devenu un homme. Il jurait de ne se marier jamais, et pourtant, en dépit de son cœur, il mange son plat sans murmure[20]. À quel point vous pouvez être convertie, je l’ignore ; mais il me semble que vous voyez avec vos yeux comme les autres femmes. BÉATRICE. — De quel pas ta langue est partie !
Mar.Not a false gallop. Enter Vrsula.Madam, withdraw, the Prince, the Count, signior Benedicke, Don Iohn, and all the gallants of the towne are come to fetch you to Church. Hero.
MARGUERITE. — Ce n’est pas un galop du mauvais pied. URSULE, accourt. — Vite, retirez-vous, madame : le prince, le comte, le seigneur Bénédick, don Juan et tous les jeunes cavaliers de la ville viennent vous chercher pour aller à l’église.
Helpe me to dresse mee good coze, good Meg, good Vrsula. Enter Leonato, and the Constable, and the Headborough.What would you with mee, honest neighbour?
HÉRO, – Aidez-moi à m’habiller, chère cousine, bonne Ursule, bonne Marguerite. (Elles sortent.) Un autre appartement dans le palais de Léonato.Léonato entre avec Dogberry et Verges. LÉONATO. — Que souhaitez-vous de moi, honnêtes voisins ?
Const.Dog.Mary sir I would haue some confidence with you, that decernes you nearely. Leon.Briefe I pray you, for you see it is a busie time with me. Const.Dog.Mary this it is sir.
DOGBERRY. — Vraiment, seigneur, je voudrais avoir avec vous une petite conférence secrète sur une affaire qui vous décerne de près. LÉONATO. — Abrégez, je vous prie ; vous voyez que je suis très-occupé. DOGBERRY. — Vraiment oui, seigneur.
Headb.Yes in truth it is sir. Leon.What is it my good friends? Con.Do.Goodman Verges sir speakes a little of the matter, an old man sir, and his wits are not so blunt, as God helpe I would desire they were, but infaith honest as the skin betweene his browes.
VERGES. — Oui, seigneur, en vérité. LÉONATO. — Quelle est cette affaire, mes dignes amis ? DOGBERRY. — Le bon homme Verges, seigneur, s’écarte un peu de son sujet, et son esprit n’est pas aussi émoussé[21] que je demanderais à Dieu qu’il le fût ; mais, en bonne conscience, il est honnête comme les rides de son front[22].
Head.Yes I thank God, I am as honest as any man liuing, that is an old man, and no honester then I. Con.Dog.Comparisons are odorous, palabras, neighbour Verges.
VERGES. — Oui, j’en remercie Dieu, je suis aussi honnête qu’homme vivant qui est vieux aussi, et qui n’est pas plus honnête que moi. DOGBERRY. — Les comparaisons sont odorantes[23]. – Palabra[24], voisin Verges.
Leon. Neighbours, you are tedious. Con.Dog.It pleases your worship to say so, but we are the poore Dukes officers, but truely for mine owne part, if I were as tedious as a King I could finde in my heart to bestow it all of your worship.
LÉONATO – Voisins, vous êtes ennuyeux. DOGBERRY. — Il plaît à Votre Seigneurie de le dire. Mais nous ne sommes que les pauvres officiers du duc, et pour ma part, si j’étais aussi fatigant qu’un roi, je voudrais me dépouiller de tout au profit de Votre Seigneurie.
Leon.All thy tediousnesse on me, ah? Const.Dog.Yea, and 'twere a thousand times more than 'tis, for I heare as good exclamation on your Worship as of any man in the Citie, and though I bee but a poore man, I am glad to heare it.
LÉONATO. — De tout votre ennui en ma faveur ? Ah, ah ! DOGBERRY. — Oui-dà, quand j’en aurais mille fois davantage ; car j’entends exclamer votre nom autant qu’aucun nom de la ville, et quoique je ne sois qu’un pauvre homme, je suis bien aise de l’entendre.
Head.And so am I. Leon.I would faine know what you haue to say. Head.Marry sir our watch to night, excepting your worships presence, haue tane a couple of as arrant knaues as any in Messina.
VERGES. — Et moi aussi. LÉONATO. — Je voudrais bien savoir ce que vous avez à me dire. VERGES. — Voyez-vous, seigneur, notre garde a pris cette nuit, sauf le respect de Votre Seigneurie, un couple des plus fieffés larrons qui soient dans Messine.
Con.Dog.A good old man sir, hee will be talking as they say, when the age is in, the wit is out, God helpe vs, it is a world to see: well said yfaith neighbour Verges, well, God's a good man, and two men ride of a horse, one must ride behinde, an honest soule yfaith sir, by my troth he is, as euer broke bread, but God is to bee worshipt, all men are not alike, alas good neighbour.
DOGBERRY. — Un bon vieillard, seigneur, il faut qu’il jase ! et comme on dit, quand l’âge entre, l’esprit sort. Oh ! c’est un monde à voir[25] ! – C’est bien dit, c’est bien dit, voisin Verges.
Leon.Indeed neighbour he comes too short of you.
– (À l’oreille de Léonato.) Allons, Dieu est un bon homme[26]. Si deux hommes montent un cheval, il faut qu’il y en ait un qui soit en croupe, – une bonne âme, par ma foi, monsieur, autant qu’homme qui ait jamais rompu du pain, je vous le jure ; mais Dieu soit loué, tous les hommes ne sont pas pareils ; hélas ! bon voisin ! LÉONATO. — En effet, voisin, il vous est trop inférieur.
Con.Do.Gifts that God giues. Leon.I must leaue you. Con.Dog.One word sir, our watch sir haue indeede comprehended two aspitious persons, & we would haue them this morning examined before your worship.
DOGBERRY. — Ce sont des dons que Dieu donne. LÉONATO. — Je suis forcé de vous quitter. DOGBERRY. — Un mot encore, seigneur ; notre garde a saisi deux personnes aspectes[27]. Nous voudrions les voir ce matin examinées devant Votre Seigneurie.
Leon.Take their examination your selfe, and bring it me, I am now in great haste, as may appeare vnto you. Const.It shall be suffigance. Leon.Drinke some wine ere you goe: fare you well. Exit.
LÉONATO. — Examinez-les vous-mêmes, et vous me remettrez votre rapport. Je suis trop pressé maintenant, comme vous pouvez bien juger. DOGBERRY. — Oui, oui, nous suffirons bien. LÉONATO. — Goûtez de mon vin avant de vous en aller, et portez-vous bien.
Messenger.My Lord, they stay for you to giue your daughter to her husband. Leon.Ile wait vpon them, I am ready.
(Entre un messager.) LE MESSAGER. — Seigneur, on vous attend pour donner votre fille à son époux. LÉONATO. — Je vais les trouver : me voilà prêt. (Léonato et le messager sortent.)
Dogb.Goe good partner, goe get you to Francis Sea-coale, bid him bring his pen and inkehorne to the Gaole: we are now to examine those men. Verges.And we must doe it wisely.
DOGBERRY. — Allez, mon bon collègue, allez trouver Georges Charbon ; qu’il apporte à la prison sa plume et son encrier : nous avons maintenant à examiner ces deux hommes. VERGES. — Il nous le faut faire avec prudence.
Dogb.Wee will spare for no witte I warrant you: heere's that shall driue some to a non-come, only get the learned writer to set downe our excommunication, and meet me at the Iaile. Exeunt.
DOGBERRY. — Nous n’y épargnerons pas l’esprit, je vous jure. (Touchant son front avec son doigt.) Il y a ici quelque chose qui saura bien en conduire quelques-uns à un non com[28]. Ayez seulement le savant écrivain pour coucher par écrit notre excommunication, et venez me rejoindre à la prison. (Ils sortent.)