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Much Ado About Nothing (William Shakespeare) | Beaucoup de bruit pour rien (Q692)

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Much Ado About Nothing

Beaucoup de bruit pour rien

Enter Prince, Bastard, Leonato, Frier, Claudio, Benedicke, Hero, and Beatrice. Leonato. Come Frier Francis, be briefe, onely to the plaine forme of marriage, and you shal recount their particular duties afterwards.
Entrent Don Pèdre, Don Juan, Léonato, un moine, Claudio, Bénédick, Héro et Béatrice. LÉONATO. — Allons, frère François, soyez bref. Bornez-vous au simple rituel du mariage ; vous leur exposerez ensuite leurs devoirs mutuels.
Fran. You come hither, my Lord, to marry this Lady. Clau. No. Leo. To be married to her: Frier, you come to marrie her. Frier. Lady, you come hither to be married to this Count. Hero. I doe.
LE MOINE. — Vous venez ici, seigneur, pour vous unir à cette dame ? CLAUDIO. — Non. LÉONATO. — Il vient pour être uni à elle, et vous pour les unir. LE MOINE. — Madame, vous venez ici pour être mariée à ce comte ? HÉRO. — Oui.
Frier. If either of you know any inward impediment why you should not be conioyned, I charge you on your soules to vtter it. Claud. Know you anie, Hero? Hero. None my Lord.
LE MOINE. — Si l’un ou l’autre de vous connaît quelque empêchement secret qui s’oppose à votre union, sur le salut de vos âmes, je vous somme de le déclarer. CLAUDIO. — En connaissez-vous quelqu’un, Héro ? HÉRO. — Aucun, seigneur.
Frier. Know you anie, Count? Leon. I dare make his answer, None. Clau. O what men dare do! what men may do! what men daily do!
LE MOINE. — Et vous, comte, en connaissez-vous ? LÉONATO. — J’ose répondre pour lui ; aucun. CLAUDIO. — Que n’osent point les hommes ? Que ne font les hommes, que ne font les hommes chaque jour, sans se douter de ce qu’ils font ?
Bene. How now! interiections? why then, some be of laughing, as ha, ha, he. Clau. Stand thee by Frier, father, by your leaue, Will you with free and vnconstrained soule Giue me this maid your daughter?
BÉNÉDICK. — Quoi ! des exclamations ! Comment donc, ce sont des exclamations de rire, comme ah ! ah ! ah ! CLAUDIO. — Prêtre, arrêtez. – Père, avec votre permission, me donnez-vous cette vierge, votre fille d’une volonté libre et sans contrainte ?
Leon. As freely sonne as God did giue her me. Cla. And what haue I to giue you back, whose worth May counterpoise this rich and precious gift? Prin. Nothing, vnlesse you render her againe.
LÉONATO. — Aussi librement, mon fils, que Dieu me l’a donnée. CLAUDIO. — Et qu’ai-je en retour, moi, à vous offrir, qui puisse égaler ce don riche et précieux ? DON PÈDRE. — Rien, à moins que vous ne la rendiez à son père.
Clau. Sweet Prince, you learn me noble thankfulnes: There Leonato, take her backe againe, Giue not this rotten Orenge to your friend, Shee's but the signe and semblance of her honour:
CLAUDIO. — Cher prince, vous m’enseignez une noble gratitude. Tenez, Léonato, reprenez-la, ne donnez point à votre ami cette orange gâtée ; elle n’est que l’enseigne et le masque de l’honneur.
Behold how like a maid she blushes heere! O what authoritie and shew of truth Can cunning sinne couer it selfe withall! Comes not that bloud, as modest euidence, To witnesse simple Vertue? would you not sweare
Voyez-la rougir comme une vierge ! Oh ! de quelle imposante apparence de vérité le vice perfide sait se couvrir ! Cette rougeur ne semble-t-elle pas un modeste témoin qui atteste la simplicité de l’innocence ?
All you that see her, that she were a maide, By these exterior shewes? But she is none: She knowes the heat of a luxurious bed: Her blush is guiltinesse, not modestie.
Vous tous qui la voyez, ne jureriez-vous pas à ces indices extérieurs, qu’elle est vierge ? mais elle ne l’est pas ; elle connaît la chaleur d’une couche de débauche, sa rougeur prouve sa honte et non sa modestie.
Leonato. What doe you meane, my Lord? Clau. Not to be married, Not to knit my soule to an approued wanton. Leon. Deere my Lord, if you in your owne proofe, Haue vanquisht the resistance of her youth,
LÉONATO. — Que prétendez-vous, seigneur ? CLAUDIO. — N’être pas marié, ne pas unir mon âme à une prostituée avérée ! LÉONATO. — Cher seigneur, si l’ayant éprouvée vous-même, vous avez vaincu les résistances de sa jeunesse, et triomphé de sa virginité…
And made defeat of her virginitie. Clau. I know what you would say: if I haue knowne her, You will say, she did imbrace me as a husband, And so extenuate the forehand sinne: No Leonato, I neuer tempted her with word too large, But as a brother to his sister, shewed
CLAUDIO. — Je vois ce que vous voudriez dire. – Si je l’ai connue, me direz-vous, elle m’embrassait comme son mari ; et vous atténueriez par là sa faiblesse anticipée. – Non, Léonato, je ne l’ai jamais tentée par un mot trop libre. Comme un frère auprès de sa sœur, je lui montrais une sincérité timide et un amour décent.
Bashfull sinceritie and comely loue. Hero. And seem'd I euer otherwise to you? Clau. Out on thee seeming, I will write against it, You seeme to me as Diane in her Orbe, As chaste as is the budde ere it be blowne: But you are more intemperate in your blood,
HÉRO. — Et vous ai-je jamais montré une apparence contraire ? CLAUDIO. — Maudite soit votre apparence ! je m’inscris en faux contre elle. Vous me semblez telle que Diane dans son orbe, chaste comme le bouton avant d’être épanoui ; mais vous avez un sang plus impudique que celui de Vénus ou celui de ces créatures lascives qui l’abandonnent à une brutale sensualité.
Than Venus, or those pampred animalls, That rage in sauage sensualitie. Hero. Is my Lord well, that he doth speake so wide? Leon. Sweete Prince, why speake not you? Prin. What should I speake? I stand dishonour'd that haue gone about,
HÉRO. — Monseigneur se porte-t-il bien qu’il tienne des discours si extravagants ? LÉONATO. — Généreux prince, pourquoi ne parlez-vous pas ? DON PÈDRE. — Que pourrai-je dire ? Je reste déshonoré par les soins que j’ai pris pour unir mon digne ami à une vile courtisane.
To linke my deare friend to a common stale. Leon. Are these things spoken, or doe I but dreame? Bast. Sir, they are spoken, and these things are true. Bene. This lookes not like a nuptiall. Hero. True, O God!
LÉONATO. — Dit-on réellement ces choses, ou est-ce que je rêve ? DON JUAN, – On le dit, seigneur, et elles sont vraies. BÉNÉDICK. — Ceci n’a pas l’air d’une noce. HÉRO. — Vraies ! ô Dieu !
Clau. Leonato, stand I here? Is this the Prince? is this the Princes brother? Is this face Heroes? are our eies our owne? Leon. All this is so, but what of this my Lord?
CLAUDIO. — Léonato, suis-je debout ici ? Est-ce là le prince ? Est-ce là le frère du prince ? Ce front est-il celui d’Héro ? Nos yeux sont-ils à nous ? LÉONATO. — Oui sans doute ; mais qu’en résulte-t-il, seigneur ?
Clau. Let me but moue one question to your daughter, And by that fatherly and kindly power, That you haue in her, bid her answer truly. Leo. I charge thee doe, as thou art my childe.
CLAUDIO. — Laissez-moi adresser une seule question à votre fille, et par ce pouvoir paternel que la nature vous donne sur elle, commandez-lui de répondre avec vérité. LÉONATO. — Je te l’ordonne comme tu es mon enfant.
Hero. O God defend me how am I beset, What kinde of catechizing call you this? Clau. To make you answer truly to your name. Hero. Is it not Hero? who can blot that name With any iust reproach?
HÉRO. — Ô Dieu, défendez-moi ! Comme je suis assiégée ! À quel interrogatoire suis-je donc soumise ? CLAUDIO. — À répondre fidèlement au nom que vous portez. HÉRO. — Ce nom n’est-il pas Héro ? Qui peut le flétrir d’un juste reproche ?
Claud. Marry that can Hero, Hero it selfe can blot out Heroes vertue. What man was he, talkt with you yesternight, Out at your window betwixt twelue and one? Now if you are a maid, answer to this.
CLAUDIO. — Ma foi, Héro elle-même ! Héro elle-même peut flétrir la vertu d’Héro. Quel homme s’entretenait la nuit dernière avec vous, près de votre fenêtre, entre minuit et une heure ? Maintenant, si vous êtes vierge, répondez à cette question.
Hero. I talkt with no man at that howre my Lord.
HÉRO. — À cette heure-là, seigneur, je n’ai parlé à aucun homme.
Prince. Why then you are no maiden. Leonato, I am sorry you must heare: vpon mine honor, My selfe, my brother, and this grieued Count Did see her, heare her, at that howre last night, Talke with a ruffian at her chamber window,
DON PÈDRE. — Alors vous n’êtes plus vierge. – Je suis fâché, Léonato, que vous soyez forcé de m’entendre ; sur mon honneur, moi, mon frère et ce comte outragé, nous l’avons vue, nous l’avons entendue la nuit dernière parler, à cette heure même, par la fenêtre de sa chambre, à un coquin, qui, comme un franc coquin, a fait l’aveu des honteuses entrevues qu’ils ont eues mille fois ensemble secrètement.
Who hath indeed most like a liberall villaine, Confest the vile encounters they haue had A thousand times in secret. Iohn. Fie, fie, they are not to be named my Lord, Not to be spoken of, There is not chastitie enough in language, Without offence to vtter them: thus pretty Lady I am sorry for thy much misgouernment.
DON JUAN. — Elles ne sont pas de nature à être nommées ; seigneur, on ne peut les redire ; la langue ne fournit pas d’expression assez chaste pour les rendre sans scandale. Ainsi, belle dame, je suis fâché de votre étrange inconduite.
Claud. O Hero! what a Hero hadst thou beene If halfe thy outward graces had beene placed About thy thoughts and counsailes of thy heart? But fare thee well, most foule, most faire, farewell
CLAUDIO. — Ô Héro ! quelle héroïne n’aurais-tu pas été, si la moitié de tes grâces extérieures eût été donnée à tes pensées et à ton cœur ! Mais adieu, la plus indigne et la plus belle ! – Adieu !
Thou pure impiety, and impious puritie, For thee Ile locke vp all the gates of Loue, And on my eie-lids shall Coniecture hang, To turne all beauty into thoughts of harme, And neuer shall it more be gracious.
pure impiété et pure impie ! Tu seras cause que je fermerai toutes les portes de mon cœur à l’amour, et que le soupçon veillera suspendu sur mes paupières pour me faire soupçonner toujours le mal dans la beauté, qui n’aura jamais de charmes pour moi.
Leon. Hath no mans dagger here a point for me? Beat. Why how now cosin, wherfore sink you down? Bast. Come, let vs go: these things come thus to light,
LÉONATO. — Personne ici n’a-t-il une pointe de poignard pour moi ? (Héro s’évanouit et tombe.) BÉATRICE. — Ah ! qu’est-ce donc, cousine ? pourquoi tombez-vous ? DON JUAN. — Allons, retirons-nous. – Ses actions dévoilées au grand jour ont confondu ses sens.
Smother her spirits vp. Bene. How doth the Lady? Beat. Dead I thinke, helpe vncle, Hero, why Hero, Vncle, Signor Benedicke, Frier. Leonato. O Fate! take not away thy heauy hand, Death is the fairest couer for her shame
(Don Pèdre, don Juan et Claudio sortent.) BÉNÉDICK. — Comment est-elle ? BÉATRICE. — Morte, je crois. Du secours, mon oncle ! – Héro ! eh bien ! Héro ! – Mon oncle ! – Seigneur Bénédick ! moine ! LÉONATO. — Ô destin ! ne retire point ta main appesantie sur elle ! La mort est le voile le plus propre à couvrir sa honte qu’on puisse désirer.
That may be wisht for. Beatr. How now cosin Hero? Fri. Haue comfort Ladie. Leon. Dost thou looke vp? Frier. Yea, wherefore should she not?
BÉATRICE. — Eh bien ! cousine ? Héro ! LE MOINE. — Prenez courage, madame. LÉONATO. — Quoi, tu rouvres les yeux ! LE MOINE. — Oui, et pourquoi non ?
Leon. Wherfore? Why doth not euery earthly thing Cry shame vpon her? Could she heere denie The storie that is printed in her blood? Do not liue Hero, do not ope thine eyes:
LÉONATO. — Pourquoi ? Tout sur la terre ne crie-t-il pas infamie sur elle ? Peut-elle nier un crime que son sang agile révèle ? Oh ! ne reviens pas à la vie, Héro, n’ouvre pas tes yeux ;
For did I thinke thou wouldst not quickly die, Thought I thy spirits were stronger then thy shames, My selfe would on the reward of reproaches Strike at thy life. Grieu'd I, I had but one?
car si je pouvais penser que tu ne dusses pas bientôt mourir, si je croyais ta vie plus forte que ta honte, je viendrais à l’arrière-garde de tes remords pour trancher ta vie. – Je m’affligeais de n’avoir qu’une enfant…
Chid I, for that at frugal Natures frame? O one too much by thee: why had I one? Why euer was't thou louelie in my eies? Why had I not with charitable hand Tooke vp a beggars issue at my gates,
Je reprochais à la nature son avarice ! – Oh ! j’ai trop d’une fille : pourquoi ai-je une fille ? Pourquoi fus-tu jamais aimable à mes yeux ? – Pourquoi d’une main charitable n’ai-je pas recueilli à ma porte l’enfant de quelque mendiant ?
Who smeered thus, and mir'd with infamie, I might haue said, no part of it is mine: This shame deriues it selfe from vnknowne loines, But mine, and mine I lou'd, and mine I prais'd,
Si elle se fût ainsi souillée et plongée dans l’infamie, j’aurais pu dire : « Ce n’est point une portion de moi-même. Cette infamie est dérivée de reins inconnus. » Mais ma fille, elle que j’aimais ;
And mine that I was proud on mine so much, That I my selfe, was to my selfe not mine: Valewing of her, why she, O she is falne Into a pit of Inke, that the wide sea Hath drops too few to wash her cleane againe,
ma fille, que je vantais ; ma fille dont j’étais fier, au point que m’oubliant moi-même, je n’étais plus rien pour moi-même et ne m’estimais plus qu’en elle… Oh ! elle est tombée dans un abîme d’encre ! Tous les flots de l’Océan entier ne pourraient pas la laver, ni tout le sel qu’il contient rendre la pureté à sa chair corrompue !
And salt too little, which may season giue To her foule tainted flesh. Ben. Sir, sir, be patient: for my part, I am so attired in wonder, I know not what to say. Bea. O on my soule my cosin is belied.
BÉNÉDICK. — Seigneur, seigneur, modérez-vous ; pour moi, je suis si pétrifié d’étonnement, que je ne sais que dire. BÉATRICE. — Oh ! sur mon âme, on calomnie ma cousine.
Ben. Ladie, were you her bedfellow last night? Bea. No, truly: not although vntill last night, I haue this tweluemonth bin her bedfellow.
BÉNÉDICK. — Madame, partagiez-vous son lit la dernière nuit ? BÉATRICE. — Non, je l’avoue ; non, quoique jusqu’à la dernière nuit j’aie été depuis un an sa compagne de lit.
Leon. Confirm'd, confirm'd, O that is stronger made Which was before barr'd vp with ribs of iron. Would the Princes lie, and Claudio lie, Who lou'd her so, that speaking of her foulnesse, Wash'd it with teares? Hence from her, let her die.
LÉONATO. — Confirmation, confirmation ! Oh ! les voilà plus fortes encore ces preuves déjà revêtues de barres de fer ! Les deux princes voudraient-ils mentir ? Claudio aurait-il menti, lui qui l’aimait tant, qu’en parlant de son indignité il la lavait de ses larmes ? – Écartez-vous d’elle, laissez-la mourir.
Fri. Heare me a little, for I haue onely bene silent so long, and giuen way vnto this course of fortune, by noting of the Ladie, I haue markt.
LE MOINE. — Écoutez-moi un moment. Je n’ai gardé si longtemps le silence et n’ai laissé un libre cours à la marche de la fortune, que pour observer la jeune personne.
A thousand blushing apparitions, To start into her face, a thousand innocent shames, In Angel whitenesse beare away those blushes, And in her eie there hath appear'd a fire To burne the errors that these Princes hold
J’ai remarqué que mille fois la rougeur couvrait son visage, et mille fois la honte de l’innocence remplaçait cette rougeur par une pâleur céleste ! Un feu a éclaté dans ses yeux, pour brûler les soupçons que les princes jetaient sur sa pureté virginale.
Against her maiden truth. Call me a foole, Trust not my reading, nor my obseruations, Which with experimental seale doth warrant The tenure of my booke: trust not my age, My reuerence, calling, nor diuinitie,
Traitez-moi d’insensé, méprisez mes études et mes observations, qui du sceau de l’expérience confirment ce que j’ai lu. Ne vous fiez plus à mon âge, à mon ministère, à ma sainte mission, si cette jeune dame n’est pas ici la victime innocente de quelque méprise cruelle.
If this sweet Ladie lye not guiltlesse heere, Vnder some biting error. Leo. Friar, it cannot be: Thou seest that all the Grace that she hath left, Is, that she wil not adde to her damnation, A sinne of periury, she not denies it: Why seek'st thou then to couer with excuse,
LÉONATO. — Frère, cela ne peut être. Vous voyez que la seule pudeur qui lui reste est de ne pas vouloir ajouter le péché du parjure à son damnable crime. Elle ne le désavoue pas. Pourquoi cherchez-vous donc à couvrir d’excuses la vérité qui se montre toute nue ?
That which appeares in proper nakednesse? Fri. Ladie, what man is he you are accus'd of?
LE MOINE. — Madame, quel est l’homme qu’on vous accuse d’aimer ?
Hero. They know that do accuse me, I know none: If I know more of any man aliue Then that which maiden modestie doth warrant,
HÉRO. — Ceux qui m’accusent le savent ; moi, je n’en connais aucun ; et si je connais aucun homme vivant plus que ne le permet la modestie virginale, puisse toute miséricorde être refusée à mes fautes !
Let all my sinnes lacke mercy. O my Father, Proue you that any man with me conuerst, At houres vnmeete, or that I yesternight Maintain'd the change of words with any creature, Refuse me, hate me, torture me to death.
– Ô mon père, prouvez qu’à des heures indues un homme s’entretint jamais avec moi, ou que la nuit passée je me sois prêtée à un commerce de paroles avec aucune créature ; et alors renoncez-moi, haïssez-moi, faites-moi mourir dans les tortures.
Fri. There is some strange misprision in the Princes. Ben. Two of them haue the verie bent of honor, And if their wisedomes be misled in this: The practise of it liues in Iohn the bastard,
LE MOINE. — Les princes et Claudio sont aveuglés par quelque erreur étrange. BÉNÉDICK. — Deux des trois sont l’honneur même, et si leur prudence est trompée en ceci, la fraude est sortie du cerveau de don Juan le bâtard, dont l’esprit travaille sans relâche à ourdir des scélératesses.
Whose spirits toile in frame of villanies. Leo. I know not: if they speake but truth of her, These hands shall teare her: If they wrong her honour, The proudest of them shall wel heare of it.
LÉONATO. — Je n’en sais rien. Si ce qu’ils disent d’elle est la vérité, ces mains la mettront en pièces ; mais s’ils outragent son honneur, le plus fier d’entre eux en entendra parler.
Time hath not yet so dried this bloud of mine, Nor age so eate vp my inuention, Nor Fortune made such hauocke of my meanes, Nor my bad life reft me so much of friends, But they shall finde, awak'd in such a kinde,
Le temps n’a pas encore assez desséché mon sang, l’âge n’a pas encore assez consumé les ressources de mon esprit, la fortune n’a pas encore assez ravagé mes moyens, et ma mauvaise vie ne m’a pas assez privé d’amis, que je ne puisse encore, réveillé d’une semblable manière, posséder la force de corps, les facultés d’esprit, les ressources d’argent et le choix d’amis nécessaires pour m’acquitter pleinement avec eux.
Both strength of limbe, and policie of minde, Ability in meanes, and choise of friends, To quit me of them throughly. Fri. Pause awhile: And let my counsell sway you in this case, Your daughter heere the Princesse (left for dead)
LE MOINE. — Arrêtez un moment, et laissez-vous guider par mes conseils. Les princes en sortant ont laissé ici votre fille pour morte ;
Let her awhile be secretly kept in, And publish it, that she is dead indeed: Maintaine a mourning ostentation, And on your Families old monument, Hang mournfull Epitaphes, and do all rites, That appertaine vnto a buriall.
dérobez-la quelque temps à tous les yeux, et publiez qu’elle est morte en effet ; étalez tout l’appareil du deuil, suspendez à l’ancien monument de votre famille de lugubres épitaphes, en observant tous les rites qui appartiennent à des funérailles.
Leon. What shall become of this? What wil this do? Fri. Marry this wel carried, shall on her behalfe, Change slander to remorse, that is some good, But not for that dreame I on this strange course,
LÉONATO. — Qu’en résultera-t-il ? Qu’est-ce que cela produira ? LE MOINE. — Le voici. Cet expédient bien conduit changera sur son compte la calomnie en remords, et c’est déjà un bien. Mais ce n’est pas pour cela que je pense à ce moyen étrange ;
But on this trauaile looke for greater birth: She dying, as it must be so maintain'd, Vpon the instant that she was accus'd, Shal be lamented, pittied, and excus'd Of euery hearer: for it so fals out,
j’espère faire naître de ce travail un plus grand avantage. Morte, comme nous devons le soutenir, au moment même qu’elle se vit accusée, elle sera regrettée, plainte, excusée de tous ceux qui apprendront son sort ;
That what we haue, we prize not to the worth, Whiles we enioy it; but being lack'd and lost, Why then we racke the value, then we finde The vertue that possession would not shew vs
car il arrive toujours que ce que nous avons, nous ne l’estimons pas son prix tant que nous en jouissons ; mais s’il vient à se perdre et à nous manquer, alors nous exagérons sa valeur, alors nous découvrons le mérite que la possession ne nous montrait pas tandis que ce bien était à nous.
Whiles it was ours, so will it fare with Claudio: When he shal heare she dyed vpon his words, Th' Idea of her life shal sweetly creepe Into his study of imagination. And euery louely Organ of her life,
C’est ce qui arrivera à Claudio. Quand il apprendra qu’elle est morte sur ses paroles, l’image de la vie se glissera doucement dans les rêveries de son imagination, et chaque trait de sa beauté vivante reviendra s’offrir aux yeux de son âme, plus gracieux, plus touchant, plus animé que quand elle vivait en effet.
Shall come apparel'd in more precious habite: More mouing delicate, and ful of life, Into the eye and prospect of his soule Then when she liu'd indeed: then shal he mourne, If euer Loue had interest in his Liuer, And wish he had not so accused her: No, though he thought his accusation true:
Alors il pleurera ; si l’amour a une part dans son cœur, il souhaitera ne l’avoir pas accusée ; oui, il le souhaitera, crût-il même à la vérité de son accusation.
Let this be so, and doubt not but successe Wil fashion the euent in better shape, Then I can lay it downe in likelihood.
Laissons ce moment arriver, et ne doutez pas que le succès ne donne aux événements une forme plus heureuse que je ne puis le supposer dans mes conjectures ;
But if all ayme but this be leuelld false, The supposition of the Ladies death, Will quench the wonder of her infamie. And if it sort not well, you may conceale her As best befits her wounded reputation,
mais si toute ma prévoyance était trompée, du moins le trépas supposé de votre fille assoupira la rumeur de son infamie, et si notre plan ne réussit pas, vous pourrez la cacher comme il convient à sa réputation blessée dans la vie recluse et monastique, loin des regards, loin de la langue, des reproches et du souvenir des hommes.
In some reclusiue and religious life, Out of all eyes, tongues, mindes and iniuries. Bene. Signior Leonato, let the Frier aduise you, And though you know my inwardnesse and loue Is very much vnto the Prince and Claudio.
BÉNÉDICK. — Seigneur Léonato ; laissez-vous guider par ce moine. Quoique vous connaissiez mon intimité et mon affection pour le prince et pour Claudio, j’atteste l’honneur que j’agirai dans cette affaire avec autant de discrétion et de droiture, que votre âme agirait envers votre corps.
Yet, by mine honor, I will deale in this, As secretly and iustlie, as your soule Should with your bodie. Leon. Being that I flow in greefe, The smallest twine may lead me.
LÉONATO. — Je nage dans la douleur, et le fil le plus mince peut me conduire.
Frier. 'Tis well consented, presently away, For to strange sores, strangely they straine the cure, Come Lady, die to liue, this wedding day Perhaps is but prolong'd, haue patience & endure. Exit.
LE MOINE. — Vous faites bien de consentir. Sortons de ce lieu sans délai. Aux maux étranges, il faut un traitement étrange comme eux. Venez, madame, mourez pour vivre. Ce jour de noces n’est que différé peut-être ; sachez prendre patience et souffrir. (Ils sortent.)
Bene. Lady Beatrice, haue you wept all this while? Beat. Yea, and I will weepe a while longer. Bene. I will not desire that. Beat. You haue no reason, I doe it freely.
BÉNÉDICK. — Signora Béatrice, ne vous ai-je pas vue pleurer pendant tout ce temps ? BÉATRICE. — Oui, et je pleurerai longtemps encore. BÉNÉDICK. — C’est ce que je ne désire pas. BÉATRICE. — Vous n’en avez nulle raison, je pleure à mon gré.
Bene. Surelie I do beleeue your fair cosin is wrong'd. Beat. Ah, how much might the man deserue of mee that would right her! Bene. Is there any way to shew such friendship?
BÉNÉDICK. — Sérieusement, je crois qu’on fait tort à votre belle cousine. BÉATRICE. — Ah ! combien mériterait de moi l’homme qui voudrait lui faire justice ! BÉNÉDICK. — Est-il quelque moyen de vous donner cette preuve d’amitié ?
Beat. A verie euen way, but no such friend. Bene. May a man doe it? Beat. It is a mans office, but not yours. Bene. I doe loue nothing in the world so well as you, is not that strange?
BÉATRICE. — Un moyen bien facile ; mais de pareils amis, il n’en est point. BÉNÉDICK. — Un homme le peut-il faire ? BÉATRICE. — C’est l’office d’un homme, mais non le vôtre. BÉNÉDICK. — Je n’aime rien dans le monde autant que vous. Cela n’est-il pas étrange ?
Beat. As strange as the thing I know not, it were as possible for me to say, I loued nothing so well as you, but beleeue me not, and yet I lie not, I confesse nothing, nor I deny nothing, I am sorry for my cousin.
BÉATRICE. — Aussi étrange pour moi que la chose que j’ignore. Je pourrais aussi aisément vous dire que je n’aime rien autant que vous ; mais ne m’en croyez point, et pourtant je ne mens pas : je n’avoue rien ; je ne nie rien. – Je m’afflige pour ma cousine.
Bene. By my sword Beatrice thou lou'st me. Beat. Doe not sweare by it and eat it. Bene. I will sweare by it that you loue mee, and I will make him eat it that sayes I loue not you.
BÉNÉDICK. — Par mon épée, Béatrice, vous m’aimez. BÉATRICE. — Ne jurez point par votre épée, avalez-la. BÉNÉDICK. — Je jure par elle que vous m’aimez, et je la ferai avaler tout entière à qui dira que je ne vous aime point.
Beat. Will you not eat your word? Bene. With no sawce that can be deuised to it, I protest I loue thee. Beat. Why then God forgiue me. Bene. What offence sweet Beatrice?
BÉATRICE. — Ne voulez-vous point avaler votre parole ? BÉNÉDICK. — Jamais, quelque sauce qu’on puisse inventer ! Je proteste que je vous aime. BÉATRICE. — Eh bien ! alors, Dieu me pardonne… BÉNÉDICK. — Quelle offense, chère Béatrice ?
Beat. You haue stayed me in a happy howre, I was about to protest I loued you. Bene. And doe it with all thy heart. Beat. I loue you with so much of my heart, that none is left to protest.
BÉATRICE. — Vous m’avez arrêtée au bon moment ; j’étais sur le point de protester que je vous aime. BÉNÉDICK. — Ah ! faites cet aveu de tout votre cœur. BÉATRICE. — Je vous aime tellement de tout mon cœur qu’il n’en reste rien pour protester.
Bened. Come, bid me doe any thing for thee. Beat. Kill Claudio. Bene. Ha, not for the wide world. Beat. You kill me to denie, farewell. Bene. Tarrie sweet Beatrice.
BÉNÉDICK. — Voyons, ordonnez-moi de faire quelque chose pour vous. BÉATRICE. — Tuez Claudio. BÉNÉDICK. — Ah ! – Pas pour le monde entier. BÉATRICE. — Vous me tuez par ce refus ; adieu. BÉNÉDICK. — Arrêtez, chère Béatrice.
Beat. I am gone, though I am heere, there is no loue in you, nay I pray you let me goe. Bene. Beatrice. Beat. Infaith I will goe. Bene. Wee'll be friends first.
BÉATRICE. — Je suis déjà partie quoique je sois encore ici. – Vous n’avez pas d’amour. – Non, je vous prie, laissez-moi aller. BÉNÉDICK. — Béatrice ! BÉATRICE. — Décidément, je veux m’en aller. BÉNÉDICK. — Il faut que nous soyons amis auparavant.
Beat. You dare easier be friends with mee, than fight with mine enemy. Bene. Is Claudio thine enemie?
BÉATRICE. — Vous osez plus facilement être mon ami que combattre mon ennemi ? BÉNÉDICK. — Claudio est-il votre ennemi ?
Beat. Is a not approued in the height a villaine, that hath slandered, scorned, dishonoured my kinswoman? O that I were a man! what, beare her in hand vntill they come to take hands, and then with publike accusation vncouered slander, vnmittigated rancour? O God that I were a man! I would eat his heart in the market-place.
BÉATRICE. — N’est-il pas devenu le plus lâche des scélérats, celui qui a calomnié, insulté, déshonoré ma parente ? Oh ! si j’étais un homme ! – Quoi ! la mener par la main jusqu’au moment où leurs deux mains allaient s’unir ; et alors, par une accusation publique, par une calomnie déclarée, avec une rage effrénée, la… Dieu, si j’étais un homme ! Je voudrais lui manger le cœur sur la place du marché.
Bene. Heare me Beatrice. Beat. Talke with a man out at a window, a proper saying. Bene. Nay but Beatrice. Beat. Sweet Hero, she is wrong'd, shee is slandered, she is vndone. Bene. Beat?
BÉNÉDICK. — Écoutez-moi, Béatrice. BÉATRICE. — Parler à un homme par la fenêtre ! Oh ! la belle histoire ! BÉNÉDICK. — Mais Béatrice… BÉATRICE. — Chère Héro ! Elle est injuriée, calomniée, perdue. BÉNÉDICK. — Béat…
Beat. Princes and Counties! surelie a Princely testimonie, a goodly Count, Comfect, a sweet Gallant surelie, O that I were a man for his sake! or that I had any friend would be a man for my sake!
BÉATRICE. — Des princes et des comtes ! Vraiment, beau témoignage de prince, un beau comte de sucre[1], en vérité, un fort aimable galant ! Oh ! si je pouvais, pour l’amour de lui, être un homme !
But manhood is melted into cursies, valour into complement, and men are onelie turned into tongue, and trim ones too: he is now as valiant as Hercules, that only tells a lie, and sweares it: I cannot be a man with wishing, therfore I will die a woman with grieuing.
Ou si j’avais un ami qui voulût se montrer un homme pour l’amour de moi !… mais le courage s’est fondu en politesse, la valeur en compliment, les hommes sont devenus des langues et même des langues dorées.
Bene. Tarry good Beatrice, by this hand I loue thee.
Pour être aussi vaillant qu’Hercule, il suffit aujourd’hui de mentir, et de jurer ensuite, pour appuyer son mensonge. – Je ne puis devenir un homme à force de désirs. – Je resterai donc femme, pour mourir de chagrin. BÉNÉDICK. — Arrêtez, chère Béatrice. Par cette main, je vous aime.
Beat. Vse it for my loue some other way then swearing by it. Bened. Thinke you in your soule the Count Claudio hath wrong'd Hero? Beat. Yea, as sure as I haue a thought, or a soule.
BÉATRICE. — Servez-vous-en pour l’amour de moi autrement qu’en jurant par elle. BÉNÉDICK. — Croyez-vous, dans le fond de votre âme, que le comte Claudio ait calomnié Héro ? BÉATRICE. — Oui, j’en suis aussi sûre que d’avoir une pensée ou une âme.
Bene. Enough, I am engagde, I will challenge him, I will kisse your hand, and so leaue you: by this hand Claudio shall render me a deere account: as you heare of me, so thinke of me: goe comfort your coosin, I must say she is dead, and so farewell. Enter the Constables, Borachio, and the Towne Clerke in gownes.
BÉNÉDICK. — Il suffit ! Je suis engagé, je vais le défier. – Je baise votre main et vous quitte ; j’en atteste cette main, Claudio me rendra un compte rigoureux. Jugez-moi par ce que vous entendrez dire de moi. Allez consoler votre cousine. Il faut que je dise qu’elle est morte… c’est assez. Adieu !
Keeper. Is our whole dissembly appeard? Cowley. O a stoole and a cushion for the Sexton. Sexton. Which be the malefactors?
(Ils sortent.) Une prison. *Dogberry et Verges paraissent avec le sacristain, ils sont en robes. Borachio et Conrad sont devant eux.* DOGBERRY. — Toute notre compagnie comparaît-elle enfin ? VERGES. — Vite, un coussin et un tabouret pour le sacristain. LE SACRISTAIN. — Quels sont les malfaiteurs ?
Andrew. Marry that am I, and my partner. Cowley. Nay that's certaine, wee haue the exhibition to examine. Sexton. But which are the offenders that are to be examined, let them come before master Constable.
DOGBERRY. — Vraiment, c’est moi-même et mon collègue. VERGES. — Oui, cela est certain. – Nous sommes commis pour examiner le procès. LE SACRISTAIN, – Mais quels sont les coupables qui doivent être examinés ? Faites-les avancer devant le maître constable.
Kemp. Yea marry, let them come before mee, what is your name, friend? Bor. Borachio. Kem. Pray write downe Borachio. Yours sirra. Con. I am a Gentleman sir, and my name is Conrade.
DOGBERRY. — Oui, qu’ils s’avancent devant moi. Ami, quel est votre nom ? BORACHIO. — Borachio. DOGBERRY. — Je vous prie, écrivez Borachio. – Et le vôtre, coquin ? CONRAD. — Je suis gentilhomme, monsieur, et mon nom est Conrad.
Kee. Write downe Master gentleman Conrade: maisters, doe you serue God: maisters, it is proued alreadie that you are little better than false knaues, and it will goe neere to be thought so shortly, how answer you for your selues?
DOGBERRY. — Écrivez M. le gentilhomme Conrad. – Mes maîtres, servez-vous Dieu ? BORACHIO, CONRAD. — Nous l’espérons bien.
Con. Marry sir, we say we are none.
DOGBERRY. — Mettez par écrit qu’ils espèrent bien servir Dieu, et écrivez Dieu le premier. Car à Dieu ne plaise que Dieu marche devant de pareils vauriens ! Camarades, il est déjà prouvé que vous ne valez guère mieux que des fripons, et l’on en sera bientôt au point de le croire. Que répondez-vous pour votre défense ? CONRAD. — Diantre ! monsieur, nous disons que non.
Kemp. A maruellous witty fellow I assure you, but I will goe about with him: come you hither sirra, a word in your eare sir, I say to you, it is thought you are false knaues.
DOGBERRY. — Voilà un compère étonnamment spirituel, je vous l’assure. – Mais je vais user de détour avec lui. Vous, coquin, venez ici : un mot à l’oreille. Monsieur, je vous dis qu’on vous croit tous deux des fripons.
Bor. Sir, I say to you, we are none. Kemp. Well, stand aside, 'fore God they are both in a tale: haue you writ downe that they are none?
BORACHIO. — Monsieur, je vous dis que nous ne sommes point ce que vous dites. DOGBERRY. — Allons, tenez-vous à l’écart. Devant Dieu ! ils n’ont qu’une réponse pour deux. Avez-vous mis en écrit qu’ils n’en sont point ?
Sext. Master Constable, you goe not the way to examine, you must call forth the watch that are their accusers.
LE SACRISTAIN. — Messire constable, vous ne prenez pas la bonne manière pour les examiner. Vous devriez faire appeler les gardiens qui les accusent.
Kemp. Yea marry, that's the eftest way, let the watch come forth: masters, I charge you in the Princes name, accuse these men. Watch 1. This man said sir, that Don Iohn the Princes brother was a villaine.
DOGBERRY. — Oui, sans doute, c’est la voie la plus courte ; qu’on fasse comparaître la garde. (On fait venir la garde.) Mes maîtres, je vous somme, au nom du prince, d’accuser ces hommes. PREMIER GARDIEN. — Cet homme a dit que don Juan, le frère du prince, était un scélérat.
Kemp. Write down, Prince Iohn a villaine: why this is flat periurie, to call a Princes brother villaine. Bora. Master Constable. Kemp. Pray thee fellow peace, I do not like thy looke I promise thee.
DOGBERRY. — Écrivez, le prince don Juan un scélérat ; ce n’est ni plus ni moins qu’un parjure d’appeler le frère d’un prince un scélérat ! BORACHIO. — Monsieur le constable… DOGBERRY. — Je vous prie, camarade, silence. Votre regard me déplaît, je vous le déclare.
Sexton. What heard you him say else? Watch 2. Mary that he had receiued a thousand Dukates of Don Iohn, for accusing the Lady Hero wrongfully. Kemp. Flat Burglarie as euer was committed.
LE SACRISTAIN, au gardien. — Que lui avez-vous entendu dire de plus ? SECOND GARDIEN. — Ma foi ! qu’il a reçu de don Juan mille ducats pour accuser faussement la signora Héro. DOGBERRY. — Ceci est un vol avec effraction, si jamais il s’en est commis.
Const. Yea by th' masse that it is. Sexton. What else fellow? Watch 1. And that Count Claudio did meane vpon his words, to disgrace Hero before the whole assembly, and not marry her.
VERGES. — Oui, par la messe ! c’en est un. LE SACRISTAIN. — Quoi de plus, l’ami ? PREMIER GARDIEN. — Et que le comte Claudio avait résolu, d’après ses propos, de faire affront à Héro devant toute l’assemblée, et de ne pas l’épouser.
Kemp. O villaine! thou wilt be condemn'd into euerlasting redemption for this. Sexton. What else? Watch. This is all.
DOGBERRY. — Ô scélérat, tu seras condamné pour ce fait à la rédemption éternelle. LE SACRISTAIN. — Et quoi encore ? SECOND GARDIEN. — C’est tout.
Sexton. And this is more masters then you can deny, Prince Iohn is this morning secretly stolne away: Hero was in this manner accus'd, in this very manner refus'd, and vpon the griefe of this sodainely died: Master Constable, let these men be bound, and brought to Leonato, I will goe before, and shew him their examination.
LE SACRISTAIN. — C’en est plus, messieurs, que vous n’en pouvez nier. Le prince don Juan s’est secrètement évadé ce matin ; c’est ainsi qu’Héro a été accusée et refusée ; et elle en est tout à coup morte de douleur. Monsieur le constable, faites lier ces hommes et qu’on les conduise devant Léonato. Je vais les précéder et lui montrer leur interrogatoire.
Const. Come, let them be opinion'd. Sex. Let them be in the hands of Coxcombe. Kem. Gods my life, where's the Sexton? let him write downe the Princes Officer Coxcombe: come, binde them thou naughty varlet. Couley.
(Il sort.) DOGBERRY. — Allons aux opinions sur leur sort. VERGES. — Qu’on les enchaîne. CONRAD. — Retire-toi, faquin ! DOGBERRY. — Ô Dieu de ma vie, où est le sacristain ? qu’il écrive que l’officier du prince est un faquin. Impudent varlet ! Allons ; garrottez-les.
Away, you are an asse, you are an asse.
CONRAD. — Arrière ! tu n’es qu’un âne, tu n’es qu’un âne.
Kemp. Dost thou not suspect my place? dost thou not suspect my yeeres? O that hee were heere to write mee downe an asse!
DOGBERRY. — Ne suspectez-vous pas ma place, ne suspectez-vous pas mon âge ? Oh ! que n’est-il ici pour écrire que je suis un âne !
but masters, remember that I am an asse: though it be not written down, yet forget not that I am an asse: No thou villaine, thou art full of piety as shall be prou'd vpon thee by good witnesse, I am a wise fellow, and which is more, an officer, and which is more, a houshoulder, and which is more, as pretty a peece of flesh as any in Messina, and one that knowes the Law, goe to, & a rich fellow enough, goe to, and a fellow that hath had losses, and one that hath two gownes, and euery thing handsome about him: bring him away: O that I had been writ downe an asse!
Mais, compagnons, souvenez-vous-en que je suis un âne. Quoique cela ne soit point écrit, n’oubliez pas que je suis un âne. Toi, méchant, tu es plein de piété, comme on le prouvera par bon témoignage.
Exit.
Je suis un homme sage, et qui plus est, un constable, et qui plus est encore, un bourgeois établi, et qui plus est, un homme aussi bien en chair que qui ce soit à Messine ; un homme qui connaît la loi, va ; un homme qui est riche assez, entends-tu, et qui a souffert des pertes, et qui a deux robes et tout ce qui s’ensuit à l’avenant. Emmenez, emmenez-le. Oh ! que n’a-t-on écrit que j’étais un âne ! (Ils sortent.)
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